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24.01.2008

ma grossesse partie 2

Attention ceci est ma grossesse, elle est unique, et une grossese ne fait pas l'autre...

  Après deux jours dans le service des grossesses pathologiques de ma clinique, l’heure est venue pour moi de sortir. Mon gynéco, m’ausculte, et on me fait un monito… dilatation à deux centimètres, et contractions toutes les 9/10 minutes… pas de temps à perdre je pars pour le CHU, il y une unité neonat pour les grands prématurés. J’ai plus que peur, je suis sous le choc de la nouvelle. Deux après le verdict, je suis dans une ambulance, et me voici à Charles Nicolle, au premier étage près des salles de naissances. On s'agite autour de moi. J'entends une phrase que je n'oublierait jamais. Un interne informe un medecin de ma situation par cette phrase incompréhensible pour le non initié: " C'est une gémellaire bi-bi, à 30 SA et demi qui vient pour une MAP sévère." Vous n'avez rien compris, c'est normal. J'ai mis aussi un peu de temps à comprendre. En gros je suis une femme enceinte de jumeaux, avec deux placentas, et deux poches amniotiques, et qui est là pour une menace d'accouchement prématurée. Vous m'avez compris;-)

 On me mets une perfusion avec des produits tocolytiques visant à stopper les contractions, et on me fait une piqûre de corticoïde (pour maturer les poumons des bébés en cas de naissance dans les jours qui viennent).

Je ne suis qu’a 31 SA (soit 6 mois et demi de grossesse). Je ne veux pas qu’ils naissent maintenant car je sais qu’à ce stade ils seront petits, qu’il y a des risques sur le plan de la maturité cérébrale… bref j’ai peur !

48 heures plus tard, on m’enlève la perfusion, la tocolyse est terminée, maintenant il faut attendre de voir si les contractions reprennent. Nous sommes le 29 Juin, je dois impérativement tenir jusqu’au 15 Juillet (je serais à 33 SA), et mes bébés ne seront plus de très grands prématurés. Je n’ai plus que cet objectif en tête. Chaque jour qui passe, c’est une journée de moins en couveuse, et un peu moins de risque de handicap pour mes bébés. Je ne dois pas bouger, mes enfants me manquent… j’ai le cafard. Mais je dois tenir pour mes bébés à venir, ils ont besoins de moi. Je culpabilise durant cette période, j’en veux à mon corps de ne pas avoir su tenir la distance, moi je ne maîtrise malheureusement rien dans ce processus qu’est la vie. Je subis, et je n’aime pas ce que mon corps cet incapable fait subir à mes enfants.

 Le 8 Juillet, je suis à 32 SA, j’ai le droit de quitter l’hôpital à la condition de rester allongée jusqu’à la fin… No problemo, j’ai tellement envie de quitter cet endroit que je suis prête à tout. Je pars chez ma maman, avec les enfants, car je ne peux pas m’en occuper, et mon mari ne peut pas arrêter de travailler pour le moment.

20 Juillet : je suis à presque 35 SA, j’ai gagné mon pari, je sais maintenant que mes enfants sont hors de danger. Et je vais pouvoir accouché dans ma clinique, ils ont une unité néonat pour les bébés nés à partir de 34 SA. Je suis heureuse, et je me laisse à rêver d’atteindre l’ultime date du 1 Août, je serais alors à 36 semaines. Ce jour là j’ai rendez vous avec l’anesthésiste à la clinique. Je ne me sens pas très bien, la mélancolie me gagne, et honnêtement j’en ai quand même marre. Je suis énorme, et le regard des autres futures mamans, me fait prendre conscience que je suis vraiment un monstre avec mon ventre tout droit sorti d’un cartoon, et leurs ventres à elles si petits, et bien ronds. Nous rentrons à la maison avec mon mari, j’ai décidé de passer le week end chez nous j’ai envie de dormir dans mon lit, ça fait 7 semaines, que je n’ai pas dormi dedans. Mais…

Le soir, les contractions sont différentes de celles que j’ai en permanence depuis ma sortie du CHU, celles-ci me font mal, et ayant déjà deux enfants, je sais de quoi je parle. J’en fait  pars à mon mari, et nous partons à  la maternité à 21heures. Pourtant à la maternité, ils décident de stopper encore mes contractions, ils veulent que je tienne encore quelques jours histoire d’atteindre les 35SA. Je suis dépitée. Seulement à 2 heures du matin, j’ai mal, les contractions sont de nouveaux sur le devant de la scène. A 3 heures, je n’en peut plus j’appelle la sage-femme.

A 4 heures 58 : Paul-Adrien naît, neuf minutes plus tard Camille arrivait lui aussi dans ce monde.

Nous sommes le samedi 21 juillet, il est 5h15, mon mari et moi sommes seuls dans une salle de naissance vide, nos bébés sont à l’étage où ont leur prodigue les premiers soins. Tout est fini ou presque...

 

Commentaires

salut la miss,
un très jolie texte sur l'anxiété et la culpabilité que peu ressentir une mamn avec un risque de mettre au monde trop tot ses petits loups.
bon c'est vrai que s'il était passé dans mon service j'en aurais pris soins de ses petiots ( pour les lecteurs je bosse en soins intensif de néonat) mais il était bien mieux dans ton "petit" ventre.
pis moi j'avais compris "C'est une gémellaire bi-bi, à 30 SA et demi qui vient pour une MAP sévère" on pourrait même rajouter qu'il faudrait prévenir la néonat qui branche une CPAP pour cause de DR avec MMH

Ecrit par : tonton gui | 24.01.2008

Merci mon gui, je sais bien que tu aurais été un super infirmier pour mes loupiots... tu es le meilleur! Mais alors de mmh et le cpap faut que tu ma racontes...

Ecrit par : Leila | 24.01.2008

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