05.03.2008

Expérience...

Depuis quelques jours j'assiste (enfin nous assistons, je n'oublie pas mon mari...) à une nouvelle étape dans la vie de Paul et Camille. Outre le développement psychomoteur, domaine dans lequel mes apprentis ninjas excellent, voilà qu'ils prennent conscience l'un de l'autre. Depuis une semaine environ, ils s'obsèrvent de manière plus appuyée, ils se touchent (plus ou moins fort), n'hésitant pas à fouiller dans la bouche de l'autre aussi, on ne sait jamais. Ils se triturent, se découvrent, Camille voue une véritable adoration pour le crane de son frère qu'il tête avec frénésie (j'en ai déduis que ce dernier devait avoir la tête en sucre!).

Leurs regards, leurs rires l'un pour l'autre, m'ouvrent les yeux sur cette incroyable relation qui est en train de se tisser. Ces deux êtres liés fraternellement, developpent un autre lien plus fort que celui du sang. Et nous nous sommes les témoins de ce phénomène qui nous dépasse. Nous ne connaissons pas ce sentiment de lien avec un jumeau, nous ne connaissons rien de cette relation, et nous ne serons jamais que des témoins de celle-ci. Nous ferons notre possible pour la comprendre, mais jamais nous n'en saisirons pleinement toutes ses nuances...

Ainsi chaque jour je m'abreuve des nouvelles évolutions de Camille et de Paul, je les laisse inter-agir, je me fais témoin. Chaque jour j'en apprends un plus sur la caractère de Paul, un peu plus sur le caractère de Camille, et un peu plus sur le "couple" Camille et Paul. Avoir des jumeaux c'est être en présence de trois entités. Bien sûr cette réalité de duo gémellaire me pousse à la projection dans le futur, j'imagine la vie future de mes enfants. Comment nous allons aborder cette troisième entité, celle source d'interrogation, comment va-t-elle évoluer au fil des ans? 

J'ai tant de questions en tête qui resteront durant quelques années encore de simples questions en stand-by, les réponses, nous les aurons au fil des années. Je ne suis pas pressée dans ce domaine, même si quelques appréhensions me gagnent parfois. Pour l'heure, je profite de cette incroyable  chance que la vie m'a donnée: avoir des enfants.