05.02.2008
Gygy's eleven
Aussi rocambolesque qu’un film de Steven Soderbergh : votre hospitalisation pour MAP a tout d’un « action movie ». Du suspens, des rebondissements à tiroir, le tout dans un décor épuré et futuriste à grand renfort de tuyaux et autres machines bruyantes. Bon ben elle est où la caméra ?
Depuis que votre corps a décidé de vous jouer un sacré tour (le coquin), vous voici immobilisée dans une sublime chambre oppressante où vous êtes au cœur de toutes les attentions. Le décor de ce huis clos (infernal) est planté ! Et c’est en véritable diva que le personnel est au petit soin. On vous sert vos repas, on s’occupe de vous, oui mais vous ne voyez pas le jour. L’ambiance est hithcockienne à souhait ! Entre les monitorings tous les jours, les bilans sanguins, votre planning est chargé, c’est à peine si vous avez le temps de signer des autographes… Sérieusement les journées sont longues comme des jours sans pains (pour reprendre une expression bien de chez nous !), vous êtes une femme au bord de la crise de nerf !
Chaque jour, une nouvelle d’équipe d’internes vous rend une petite visite de courtoisie. Et la chacun y va de son diagnostic. Ils y a les optimistes qui vous disent :« Bon on vous laisse sortir dans 48 heures ! ». Alors vous toute contente, vous commencez à rassembler vos petites affaires... et le lendemain, un nouveau groupe (nettement moins optimiste, voire alarmiste) vous sort : « Non mais vous rigolez ? Sortir dans votre état, c’est de la folie pure, nous on vous garde jusqu'à la naissance de vos bébés !!! » Et la c’est la déception. Des rebondissements de folies je vous avais prévenu. Et puis lorsque vous ne vous y attendez pas, il y le grand manitou, le chef chef des internes qui vous dit la bouche en cœur « Vous pouvez rentrer, on ne fera rien de plus ici que vous ne pourrez faire chez vous. Restez allongée et tout ira bien !!! ». Et la une idylle est sur point de naître entre vous et cet homme libérateur ! Mais pas le temps pour les bluettes, cette sortie est providentielle, et vous quittez les lieux au plus vite au cas où il changerait d’avis…
Et là c’est la scène type Road movie. 10 kilomètres séparent le CHU de votre appart’?! La route ne vous semblera jamais aussi longue. C'est le salaire de la peur en plus angoissant, vous dans le rôle de la grosse bombonne de nitroglycérine, votre chéri dans le rôle de Mario ! Vous pensez à la lettre déstiné à la ville qui ne trouve rien de mieux qu'entre prendre des travaux de voiries en ce moment ! C'est dos d'âne et route défoncé à chaque coin de rue, ça rajoute un élément de suspens en plus; même Spielberg il n'y aurait pas pensé!
Comme dans tous film, cela finit par un « happy end », quelques jours voire semaines après votregrande évasion de l’hôpital central, vous filez de nouveau dare dare à l'hopital, mais cette fois, pour mettre au monde votre précieuse cargaison!
09:05 Lien permanent | Commentaires (2) | Envoyer cette note | Tags : rebondissements, huis clos, idylle, nitroglycerine, cargaison



